Les Chemins de Saint-Jacques

 

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Carte réalisée par Jean-Marc Souchon

 

 

LE PATRIMOINE MONDIAL DE L’UNESCO

Chemins vers Saint-Jacques de Compostelle en France

Tout au long du Moyen Age, Saint-Jacques de Compostelle fut une destination majeure pour d’innombrables pèlerins de toute l’Europe. Pour atteindre l’Espagne, les pèlerins traversaient la France. Quatre voies symboliques, partant de Paris, de Vézelay, du Puy et d’Arles et menant à la traversée des Pyrénées résument les itinéraires innombrables empruntés par les voyageurs. Églises de pèlerinage ou simples sanctuaires, hôpitaux, ponts, croix de chemin jalonnent ces voies et témoignent des aspects spirituels et matériels du pèlerinage. Exercice spirituel et manifestation de la foi, le pèlerinage a aussi touché le monde profane en jouant un rôle décisif dans la naissance et la circulation des idées et des arts.

Un patrimoine de l’Humanité

En 1998, les « Chemins de Saint-Jacques de Compostelle en France » ont été  inscrits sur la Liste du patrimoine mondial. L’UNESCO reconnait ainsi une valeur universelle exceptionnelle à la démarche pérégrine à travers les édifices qui jalonnaient les routes  des pèlerins médiévaux.

Cette inscription a pris la forme d’une collection de 71 édifices et de 7 sections de sentier à travers la France. Elle prolonge l’inscription des « Chemins de Saint-Jacques de Compostelle en Espagne » sur la Liste du patrimoine mondial en 1993 et 2015.

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Un héritage culturel vivant

Les édifices et les sections d’itinéraires sélectionnés témoignent à la fois des besoins des pèlerins et du phénomène du pèlerinage durant le moyen âge. Des édifices sont voués aux cultes des saints (la cathédrale Notre-Dame au Puy-en-Velay, la basilique Saint-Sernin à Toulouse, la cathédrale de Saint-Lizier, la cathédrale Saint-André à Bordeaux, la basilique de Saint-Léonard de Noblat,…). Certains sont voués aux soins (l’hôpital des pèlerins à Pons, l’hôtel-Dieu-Saint-Jacques à Toulouse…) ou aux franchissements (le pont Valentré à Cahors, le pont du Diable à Aniane). D’autres témoignent d’une dévotion populaire à saint Jacques (l’église Saint-Jacques à Ourdis-Cotdoussan…). Aujourd’hui, une itinérance humaine aux motivations variées peuple la mosaïque de paysages et de villages traversés.

En Comminges

Trois édifices appartiennent à cette collection inscrite sur la Liste du patrimoine mondial. La cathédrale Sainte-Marie à Saint-Bertrand recevait les pèlerins qui voulaient se recueillir auprès des reliques de Bertrand de Lisle, son évêque, mort en 1123 et canonisé en 1222 pour l’exemplarité de sa vie et pour ses miracles. Le 26ème miracle rapporté par son hagiographe raconte qu’un pèlerin allemand en route vers Compostelle fut guéri de sa folie en priant sur son tombeau. Saint Bertrand ordonna la construction de cette cathédrale qui, devant l’afflux des pèlerins, fut agrandie à partir de 1304 et embellie.

A Valcabrère, deux jeunes martyrs espagnols du IVème siècle protègent cette église édifiée à partir du XIème siècle par remploi de nombreux éléments de la cité antique. La tradition nous dit que sainte Hélène y aurait apporté une relique de la Vraie-Croix et que, plus tard, l’évêque Abraham y aurait rapporté des reliques de Just et Pasteur. Le tombeau en élévation dans le Chœur témoigne de la pratique offerte aux pèlerins de passer sous le tombeau pour éprouver l’aura bénéfique des saints restes pieusement conservés.

Plus modeste, la chapelle saint Julien a été  édifiée sur les vestiges ruinés d’une basilique des premiers temps du christianisme (IVème siècle). L’ensemble témoigne à la fois de l’ancienneté du christianisme (dès le IVème siècle), de la permanence des cultes sur les mêmes lieux et d’une fonction probablement hospitalière à la porte d’entrée de la cité.

De nos jours, ces lieux jalonnent l’itinéraire jacquaire du Piémont pyrénéen (GR®78).

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En Musique

Le pèlerinage à saint Jacques a donné naissance  à des traditions orales, à des contes, à des récits merveilleux colportés par les pèlerins. Des chansons rythmaient leur périple quand leurs pieds frappaient le sol. De  leur côté, les sanctuaires possédaient une riche liturgie conçue pour honorer les saints et embellir leurs fêtes. Hier comme aujourd’hui, la pérégrination vers Saint-Jacques est une source de créativité pour le chant, la musique, la littérature ou le conte…

La Convention

La convention du patrimoine mondial conclue en 1972 réunit plus de 160 Etats. Elle a pour but d’assurer l’identification, la protection, la conservation, la mise en valeur et la transmission du patrimoine aux générations futures.

Le patrimoine inscrit sur la Liste du patrimoine mondial représente une richesse inestimable et irremplaçable pour l’Humanité toute entière. Un site du patrimoine mondial appartient à tous les peuples du monde.

Par cette inscription, l’UNESCO attire l’attention de tous pour préserver ce patrimoine placé au service de la construction d’un esprit de paix entre les Hommes. C’est préserver la diversité culturelle tout en facilitant le dialogue au–delà de nos  différences.

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En France

En 2015, la France compte 41 sites culturels ou naturels parmi les 1031 sites inscrits sur la Liste du patrimoine mondial. Ils témoignent de l’inventivité de l’Homme et des richesses de  la Nature.

La musique, patrimoine de l’Humanité

Les arts de la musique et du chant, des rituels religieux ou des événements festifs sont des modes d’expression nés dans les premiers moments de l’Humanité. Toutes les cultures, toutes les générations, toutes les croyances les partagent sous des formes les plus diverses.

Depuis 2003, l’UNESCO se préoccupe de leur sauvegarde dans le cadre de la Liste du patrimoine culturel immatériel. Elle comporte 391 éléments inscrits. Ils reflètent la diversité des expressions artistiques, des traditions culturelles, spirituelles ou des techniques qui façonnent le visage de notre Humanité.

La Liste compte par exemple, le Cantu in paghjella, chant profane et liturgique à trois voix. Il a été inscrit en 2009

La fête de Maskel  est un festival haut en couleur célébré dans toute l’Éthiopie le 1er octobre pour commémorer la découverte de la Sainte-Croix du Christ par un empereur après une vision miraculeuse. C’est l’occasion pour les Éthiopiens de promouvoir leur vie spirituelle, basée sur la réconciliation, la cohésion sociale et la coexistence pacifique. Elle a été inscrite en 2013.

Le Gwoka hérité de la lutte contre l’esclavage, combine le chant, les rythmes joués aux tambours et la danse. Il est pratiqué par tous les groupes ethniques et religieux de la société guadeloupéenne. Il accompagne les temps forts de la vie quotidienne ainsi que les manifestations festives, culturelles et profanes. Il a été inscrit sur la Liste en 2014.

Chaque année depuis le huitième siècle, le 2 janvier, les habitants d’une petite ville du nord du Japon se rassemblent pour se rendre au sanctuaire, où, de l’aube jusqu’à la mi-journée, sont interprétées neuf danses sacrées destinées à prier pour invoquer le bonheur durant la Nouvelle Année. Le Dainichido Bugaku a ainsi été inscrit en 2009.

Signature Sébastien

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